Fair Play For Planet (FPFP): le label qui concilie le sport et l’écologie

Lancé officiellement fin 2020, Fair Play For Planet (FPFP) a pour but de concilier le sport et l’écologie. La Section Paloise et le TVEC 85 se sont déjà engagés dans le premier label vert pour les clubs sportifs, et ils pourraient être prochainement rejoint par l’ASM Clermont Auvergne. Une initiative qui vise à éveiller les consciences écologiques sur le terrain.

Concilier le sport et une démarche environnementale. C’est la volonté de l’ancien international de rugby Julien Pierre qui a lancé son label Fair Play For Planet (FPFP). L’objectif affiché est d’inciter les clubs et événements sportifs à mettre en place des actions concrètes quantifiables et valorisables au service de l’environnement. Quelques semaines après son lancement la Section Paloise s’est lancée activement dans le bain, bien aidé par Julien Pierre, présent dans ses rangs entre 2015 et 2018. Il y a quelques jours c’est le TVEC 85 (Tigres vendéens Étoile chaumoise) qui a démarré le processus de labellisation. Ce club amateur évolue au niveau régional et devient le premier club de football à s’engager dans ce processus.

La Section Paloise et le TVEC 85 déjà engagés

Cette semaine, des experts mèneront un audit du club de football en application du référentiel Fair Play For Planet, de plus de 250 questions, réalisé en coopération avec l’ADEME, l’agence de la transition écologique. Ce cahier des charges permettra au club d’être évalué par des experts certifiés Cofracq (Comité français d’accréditation) sur sa pratique selon des enjeux liés aux transports, à l’alimentation, à l’énergie, à la gestion des déchets, ou encore à la gestion numérique. Ensuite, en fonction de l’audit, un niveau de labellisation lui sera attribué d’ici fin février selon l’engagement et la politique environnementale menée par les clubs et les événements sportifs : FPFP Player, FPFP Engaged ou FPFP Confirmed. Des axes d’amélioration seront également proposés afin d’accéder à la labélisation supérieure et, tous les deux ans, un nouvel audit sera réalisé afin de conserver le label FPFP. 

Avant l’aspect footballistique, les dirigeants du TVEC 85 veulent mettre en avant cette démarche sociétale, environnementale et citoyenne. « Il est important de se faire accompagner par des professionnels. Ce label permet de se structurer autour de 250 questions et préconisations afin de présenter quelque chose de concret à nos adhérents. Avec 70 % de jeunes, le club se doit de leur parler de ce qui les préoccupe et les intéresse. La préservation de la planète, c’est notre futur », explique en détail le président Jean-Christophe Meignant à Foot Amateur. Précédé par la Section paloise, qui s’est lancée en décembre dernier dans le projet, son Président, Bernard Pontneau a réagi à ecolosport : « Rejoindre l’aventure « Fair Play For Planet » a été une évidence, les actions menées par les clubs sont nombreuses et la création de ce label devenait indispensable pour que nous hissions nos exigences à un cahier des charges précis et ambitieux ». Et si Julien Pierre souhaite en effet toucher tous les publics, et auditer tous les clubs, de tous les niveaux, c’est bien vers le rugby que s’oriente les potentiels nouveaux venus dans le label.

Le rugby, Julien Pierre l’a bien connu et c’est dans un communiqué que l’ancien Clermontois explique : « J’ai passé toute mon enfance dans un environnement hors du commun : un parc animalier créé par mon grand-père et géré par mes parents. Plus tard, en devenant rugbyman professionnel, j’ai transposé les valeurs de respect, d’exigence et d’engagement ainsi que le goût du combat, dans ce sport collectif, sans oublier mes préoccupations pour l’environnement en créant La Passerelle Conservation. Aujourd’hui, je souhaite m’impliquer totalement en utilisant tous les leviers du monde sportif pour infléchir les comportements des individus et des entreprises et les mettre au service d’une cause essentielle : la sauvegarde de notre planète ».

Encourager sans contraindre

Malgré ses bienfaits sur la santé, le sport et les événements qui lui sont corrélés ont un réel impact sur la nature. D’abord, l’utilisation des transports comme l’avion et les autocars pour les compétitions sportives qui ont produit quelques 2,2 millions de tonnes de CO2 durant la Coupe du monde de 2018, soit l’équivalent de l’impact carbone de 200 000 Français par an. Une manifestation sportive de 5 000 personnes génère environ 2,5 tonnes de déchets et 10 tonnes de déchets en moyenne pour un match de Ligue 1. À cela s’ajoute la surconsommation énergétique nécessaire pour l’entretien des stades, la consommation d’eau pour les pelouses ou encore la communication numérique des clubs.

Ces chiffres chocs montrent la face cachée peu écolo des événements sportifs. Ceux-ci sont de plus en plus brocardés pour leur impact sur le climat, à l’image des mondiaux d’athlétisme du Qatar qui avaient choqué le monde entier par l’utilisation de stades réfrigérés… Ces chiffres, Julien Pierre ne veut plus les voir. Le sportif s’affirme convaincu du potentiel du sport comme puissant vecteur de changement des mentalités. L’ancien international Français ne se lance pas seul. Pour s’assurer de sa bonne diffusion, des partenariats ont été noués avec des acteurs du sport engagés dans la lutte contre le changement climatique comme le média Ecolosport ou les coachs Ecoathlètes, et de la finance durable comme Eqwi, la banque en ligne écoresponsable du groupe Banque Populaire.

Cette initiative est à replacer dans un contexte de réflexion du monde sportif sur sa responsabilité sociétale. Au niveau international, l’ONU a lancé le mouvement « Sport for climate action », et en France, depuis 2017, une charte d’engagement éco-responsable, initiée par le ministère des sports vise à engager les organisateurs d’événements sportifs ou les gestionnaires d’équipements sportifs dans cette dynamique.

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