Haas F1 Team : quel avenir pour 2021 ?

Entre un manque criant de résultats et une crise économique liée à la Covid-19, l’écurie Haas F1 Team gît dans les profondeurs du classement constructeurs. Après s’être séparé de Kevin Magnussen dans un premier temps, le team principal de l’écurie, Günther Steiner, a également annoncé que le Français Romain Grosjean ne poursuivrait pas l’aventure en 2021. L’équipe américaine a donc deux baquets libres pour la saison prochaine et les prétendants sont nombreux.

Alors que la saison 2020 a été marquée par une monoplace en manque de performances et qui, surtout, n’a pas évolué depuis les essais de pré-saison de Barcelone par manque de financement, la formation américaine ne prolongera pas les contrats de ses deux pilotes Romain Grosjean et Kevin Magnussen. Respectivement 17e et 19e au classement pilotes, et au vue des prestations fournies il était logique de s’attendre à un départ. Ce qui l’était moins, c’était celui des deux pilotes. « Je me disais que l’un des deux pilotes ne serait plus là l’an prochain », a déclaré Romain Grosjean dans un entretien accordé au quotidien L’Equipe. «Voir les deux partir, je ne m’y attendais pas».

Retour sur la carrière de Romain Grosjean

Le pilote français semble finir sa carrière en Formule 1 de la même manière qu’il l’a débutée, dans un contexte particulier. Propulsé dans le deuxième baquet chez Renault F1, à la place de Piquet en 2009, Romain débarque de GP2 et prend vite conscience de ce cadeau empoisonné. Entre le scandale Piquet, le renvoi puis l’exclusion à vie de Flavio Briatore, le retrait soudain du sponsor principal ING et une R29 considérée comme la pire voiture du plateau, Grosjean se fait complètement éclipser par Alonso et ses courses sont plus qu’erratiques. Cela le pousse à quitter le monde de la F1, et il se tourne alors vers le Grand Tourisme, s’engageant dans le championnat FIA GT1. Ce n’est que deux ans plus tard le 9 décembre 2011, qu’il fera son retour sur le devant de la scène en devenant pilote titulaire chez Lotus F1 Team, aux côtés du champion du monde revenant, Kimi Räikkönen.

C’est dans cette nouvelle écurie que le français connaîtra son âge d’or. En 5 ans il inscrit 287 points et monte 10 fois sur le podium. En 2013 il réalise une saison remarquable, considérée comme l’apogée de sa carrière, en terminant 7e au championnat du monde et en arrivant six fois sur le podium. Cependant, en 2015, Grosjean décide de quitter son écurie de cœur pour rejoindre le projet américain de Gene Haas et de sa nouvelle écurie qui fera ses débuts en 2016. Son choix est critiqué, mais assez logique car la nouvelle venue est en réalité l’écurie B de la Scuderia Ferrari, et Romain ne cache pas ses vues sur un baquet rouge en 2017.

Les débuts sont encourageants. Les résultats de l’équipe et de Romain suivent, et il y a de quoi être optimiste pour la suite. Le Français et Kevin Magnussen font progresser la jeune écurie américaine jusqu’au 5e rang du classement constructeurs en 2018 avant une dégringolade dont Haas essuie encore les effets aujourd’hui. Avec un budget modeste et des achats de pièces détachées qui ne font que très peu évoluer les performances de la voiture, ils se font distancer et luttent pour ne pas finir à la dernière place. Cette saison, après 13 Grand Prix disputés, Grosjean et Magnussen jouent le bas du classement. Les deux hommes avaient déjà manqué leur saison 2019, finissant là encore très loin au classement (Magnussen, 16e, et Grosjean, 18e). Des résultats décevants, qui ont conduit l’éjection de ces deux pilotes qui quitteront l’écurie à la fin de la saison. Également touchée par la crise du coronavirus, l’écurie américaine, qui a signé les Accords Concorde 2021-25, va désormais se tourner vers l’option pilote payant pour tenter de redresser la barre. 

Une situation critique pour la Haas F1 Team

Après cinq saisons au sein d’une écurie qu’il a vu naître puis grandir, Romain Grosjean ne peut pas nier que son départ le touche d’un point de vue émotionnel. «C’est un peu bizarre, c’est une page qui se tourne. Ce n’est pas vraiment le moment où je me voyais quitter la Formule 1» assure le natif de Genève. Une décision qui, ajoute le Français, semble principalement avoir été prise pour des raisons économiques. «Günther Steiner m’a dit que financièrement il avait besoin de deux pilotes payants». Une décision qui irait dans le sens des difficultés économiques vécues par l’écurie Haas depuis plusieurs mois, notamment en raison de la covid-19 et de la perte de son sponsor principal en 2019. «Je dirais que le Covid, si je parle pour nous, nous a durement affectés » a noté Steiner. «Tout d’abord, la mauvaise place finale au championnat l’an dernier a baissé notre budget, et celui-ci a été réduit à cause du Covid-19, ce qui n’a pas aidé. À un moment au début d’année, il était difficile d’imaginer que nous reviendrons.»

C’est pourquoi l’écurie américaine devrait recruter Nikita Mazepin (21 ans), russe de son état, malgré de tristes résultats en F2. «Tout est possible», assure le team principal de l’écurie, qui ne cache pas que l’apport financier sera pris en compte dans le choix des futurs pilotes. «Nous pourrions également chercher un pilote avec de l’argent et du talent. Certains apportent des partenariats avec eux donc nous étudions toutes les options à notre disposition.» Toutefois, selon certaines indiscrétions, le choix serait déjà entériné avec Nikita Mazepin qui rejoindrait Haas avec un important financement venant de son père, oligarque russe ayant fait fortune dans le commerce de la potasse (un minerai). «M. Mazepin veut que son fils pilote en Formule 1. Et son fils le veut probablement encore plus» a assuré Steiner.

Mick Schumacher pour épauler Nikita Mazepin ?

Plusieurs jeunes pilotes sont pressentis pour rejoindre l’écurie américaine et ainsi épauler Mazepin. Des noms tels que Robert Shwartzman, Callum Ilott ou encore Mick Schumacher pourraient être placés en F1 par Ferrari l’an prochain. Pour rappel Haas et Ferrari sont affiliés et Steiner a précisé que «la décision au sujet de qui Ferrari nous envoie dépend de Ferrari, pas de nous.» Par ailleurs, tout porte à croire que le deuxième baquet pourrait rapidement revenir au fils du septuple champion du monde, actuel leader du championnat de Formule 2, placé par Ferrari en échange d’un potentiel rabais sur les pièces partagées par l’écurie italienne.

Lié à deux équipes de Formule 1 en 2021 pouvant lui permettre d’opérer ses débuts – Haas et Alfa Romeo – les possibilités se sont récemment amoindries pour Mick Schumacher, puisque l’écurie italienne a annoncé ce vendredi 30 octobre la prolongation de ses deux pilotes Antonio Giovinazzi et de Kimi Räikkönen, jusqu’à l’année prochaine. L’équipe Haas F1 Team est désormais la dernière à avoir encore deux places disponibles pour 2021. Le leader du championnat de Formule 2 a quant à lui une certitude, il se sent au niveau pour se lancer dans le grand bain l’année prochaine. «Je me sens absolument prêt pour l’étape suivante» a déclaré l’Allemand. «Ce n’est pas un secret, la Formule 1 est mon rêve. Si l’opportunité de piloter en Formule 1 en 2021 se présente, je ne dirai certainement pas non.» Steiner ne cache pas son intérêt pour le fils de Schumi. «Je ne serais évidemment pas contre cela. Qui ne voudrait pas ramener un Schumacher en Formule 1 ? Surtout avec la forme dans laquelle il est actuellement».

Si rien n’est officiel à ce jour, nous devrions avoir des nouvelles très rapidement concernant les futurs pilotes qui occuperont les baquets de l’écurie américaine en 2021. Affaire à suivre.

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