2020 : une année de plus où l’Amazonie est partie en fumée

Forest fire in mountainous area at dusk

L’Amazonie, le poumon vert de la terre, part de plus en plus en fumée d’années en années. Si en 2019, il y a avait eu une grande mobilisation pour essayer de ralentir ces incendies, en 2020, l’action des dirigeants internationaux et des internautes est moindre. Pourtant, les parties de forêts se volatilisant chaque année n’ont pas diminué, bien au contraire. 

Les incendies ravageant la forêt amazonienne seraient un “mensonge” affirmait le président brésilien, Jair Bolsonaro, le 12 août dernier. Pourtant, l’Amazonie est menacée et cela ne date pas d’hier selon des preuves rapportées par des ONG et des journalistes. 

L’été 2020 a été loin des meilleurs pour l’Amazonie et les militants écologistes. Notamment le mois d’août, qui a enregistré plus de 10 136 points de feu, rien que dans les dix premiers jours selon des données officielles de Greenpeace. Cela représente 17 % de plus que les 8 669 points enregistrés l’année dernière à la même date, selon un rapport de Greenpeace. Au total, 11 088 km2 de forêt ont été détruits en douze mois jusqu’en août dernier, selon l’Institut national de Recherches spatiales (INPE) brésilien, qui analyse les images satellites. Cela équivaut à un pays comme le Qatar et c’est le pire chiffre enregistré depuis 12 ans. 

Ces feux de forêt font surtout débat car, non seulement ils causent du tort à l’environnement et à la population indigène, mais surtout car certains de ces feux sont volontaires. Lorsque les mois sont les plus secs, en juillet et en août “de nombreuses personnes utilisent le feu pour entretenir leurs terres agricoles et leurs pâturages ou pour les défricher à d’autres fins”, affirme l’Observatoire de la Terre de la NASA

Il existe des déforestations légales mais aussi illégales dans cette zone. La revue Science a publié un article intitulé Les fruits pourris de l’agrobusiness brésilien qui estime que jusqu’à 22 % du soja et 17 % de la viande bovine exportés annuellement vers l’Union européenne sont “contaminés”, c’est-à-dire liés directement ou indirectement à la déforestation illégale en Amazonie.

En 18 ans, la déforestation en Amazonie a atteint 513 016 km2, une dimension grande comme l’Espagne, selon un rapport publié mardi 8 décembre, intitulé Amazonie sous pression. Le contenu du document du Réseau amazonien d’information socio-environnementale géographique (Raisg) dénonce “l’avancée des activités minières, des projets d’infrastructure, ainsi que la recrudescence des incendies de forêt. L’Amazonie est beaucoup plus menacée qu’il y a huit ans”. Ces incendies seraient donc irréversibles, l’Amazonie, contrairement au phénix, ne pourrait renaître de ses cendres.

L’Amazonie, le poumon de notre planète 

Les grandes forêts comme l’Amazonie jouent un rôle essentiel dans le contrôle du réchauffement climatique parce qu’elles absorbent le dioxyde de carbone et rejettent de l’oxygène. Le spécialiste des forêts Philippe Ciais, membre du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), en 2019, a estimé que l’Amazonie absorberait 0,5 milliard à 1 milliard de tonnes de carbone par an dans les forêts intactes. Elles contribuent aussi à la dépollution de l’eau, de l’air et du sol. Mais lorsque les arbres meurent ou sont incendiés, ils rejettent ce même carbone dans l’environnement. 

Fernando Espírito-Santo du Laboratoire Jet Propulsion (JPL) de la NASA en Californie a calculé que chaque année, les arbres morts d’Amazonie rejettent environ 1,7 milliard de tonnes de carbone dans l’atmosphère. Ce puit de carbone se dégrade à vitesse grand V à cause du changement climatique et des activités humaines dans le secteur. Malgré tout, le confinement a permis de baisser les émissions de CO2 mais pas sur le long terme. 

Le président brésilien d’extrême droite, climato-sceptique, a par ailleurs été sujet à de nombreuses critiques de la communauté internationale au sujet de sa gestion environnementale, notamment en 2019, en raison d’une forte augmentation des incendies en Amazonie lors de sa première année de mandat. En juillet, le président brésilien a tout de même cédé à la pression et a créé le Conseil national de l’Amazonie, dirigé par son vice-président, l’ancien militaire Hamilton Mourão. Malgré sa bonne foi, Greenpeace Brésil a rapporté que « seulement 5 % » des exploitations impliquées dans les incendies de 2019 ont été condamnées à des amendes.

Une mobilisation moindre

Alors que l’année dernière, beaucoup se mobilisaient contre l’inaction des politiques internationaux face à ces incendies, cette année, cela n’a pas beaucoup fait réagir. En août 2019, se révoltaient en effet de nombreux internautes sur les réseaux sociaux avec le #PrayForAmazonia, qui était devenu viral, pour alerter les dirigeants. Face aux images impressionnantes postées sur le web, les Brésiliens avaient cherché à impacter le reste du monde pour que ces incendies cessent et que le gouvernement agisse.

Mais alors que les statistiques sont encore plus mauvaises que l’année dernière, les internautes ont moins montré leur soutien à l’Amazonie, peut-être dû à l’entière attention consacrée au coronavirus. Du côté des dirigeants internationaux, pour les ONG, ils n’en font pas assez. Une tribune signée par 24 ONG et relayée le 24 août 2020 par France Info, demande au gouvernement français et aux entreprises françaises présentes en Amérique du Sud à prendre des mesures conséquentes avant qu’il ne soit trop tard.

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