Brexit : le deal est un « cadeau de Noël »

"The deal is done", photo publiée sur le compte Twitter de Boris Johnson / Capture d'écran MEDIAVENIR

Peu avant 16 heures, les négociateurs annoncent qu’un accord est trouvé. Le deal est une aubaine pour le Royaume-Uni, les pêcheurs et les entreprises européennes, mais Michel Barnier a émis des regrets.

La magie de Noël ? Car plus personne n’osait y espérer. Peu avant 16h, Royaume-Uni et Union Européenne annoncent avoir trouvé un accord sur le partage des produits de pêche, qui assure « une base d’accès réciproque aux eaux et ressources, avec une nouvelle répartition des quotas » selon Michel Barnier. Les autres sujets qui bloquaient comme l’arbitrage et les mesures de protection contre la concurrence déloyale avaient déjà été réglé dans les jours qui précèdent.

Le texte fait quand même près de 2.000 pages. Il rentrera en vigueur de manière provisoire le 1er janvier 2021, date de la sortie du marché commun, en attendant d’être validé par le Parlement européen.

Une aubaine pour la Couronne et les pêcheurs continentaux

L’accord est une aubaine pour la Couronne britannique car il lui offre un accès inédit sans droits de douane ni quotas au marché intérieur européen qui réunit, et c’est non négligeable, pas loin de 450 millions de consommateurs.

En cas de « no deal », le Royaume-Uni aurait été perdant à l’échange : les Britanniques exportent 47 % de leurs produits vers le continent, quand l’UE n’écoule que 8 % de ses marchandises de l’autre côté de la Manche.

Les Britanniques ne sont pas les seuls à pouvoir respirer de nouveau. « Je pense aux pêcheurs européens, je pense aux entreprises européennes qui ne savaient pas de quoi demain serait fait […] C’est une manière de limiter les dégâts », déclare l’eurodéputée Renaissance Nathalie Loiseau à BFM TV. Stéphane Pinto, marin-pêcheur et vice-président au comité régional des Hauts-de-France, réagit lui aussi pour CNEWS : « Un 24 décembre, on va dire que c’est un cadeau de Noël puisque notre crainte c’était d’être interdit de pêche dans les eaux anglaises ».

Des concessions, et aussi des regrets

En matière de concurrence, le Royaume-Uni devra faire des concessions : les entreprises britanniques seront contraintes de respecter un certain nombre de règles en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité (pour empêcher toute forme de dumping), susceptibles d’évoluer avec le temps. Et si Boris Johnson se réjouit de « pouvoir pêcher des quantités considérables de poissons » et de pouvoir décider « où et comment nous créerons de nouveaux emplois », Michel Barnier a émis deux regrets lors de la conférence de presse : la non-participation à l’avenir de la Grande-Bretagne au programme d’échange Erasmus, et les contraintes de déplacement au sein de l’Union. A partir d’octobre 2021, il faudra se munir d’un passeport et non plus d’une carte d’identité si l’on envisage de se rendre outre-Manche.

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