2020. Etats-Unis : montagnes russes pour Donald Trump

Entre gestion controversée du Covid, tensions internationales, violences policières et élections, Donald Trump a indéniablement marqué l’année 2020 aux Etats-Unis.

«Tant que je serai président, l’Iran n’aura jamais accès à l’arme nucléaire. Bonjour à tous». Les mots du président américain Donald Trump le 4 janvier sonnent comme une annonce de fermeté pour 2020. La nuit d’avant, le président américain a commandité les frappes qui ont tué le général iranien Qassem Soleimani. Donald Trump risque de déclencher un conflit ouvert avec la théocratie chiite. Mais il sort de ce conflit international renforcé. 43 % des américains approuvent ce meurtre. Jusqu’à 84 % d’approbation de la part des électeurs républicains. 

Comme beaucoup de pays, lorsque la Chine et l’OMS commencent à évoquer un virus qui circule dans les rues de Wuhan, les États-Unis ne se sentent pas concernés par le problème. Mais 3 semaines après le premier cas officiel de coronavirus en Chine, un homme à Seattle est positif. Le 24 janvier, on détecte une femme, qui contaminera son mari. Ces premiers signalements auraient dû alerter le président américain. Mais jusqu’au bout, Donald Trump minimisera ce virus. 

«En avril, dès que les températures auront un peu remonté, ce virus disparaîtra. Comme par miracle» assure le président américain. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Donald Trump a même demandé à son conseiller santé de chercher un remède pour les poumons à base de gel hydroalcoolique. Il a ensuite proposé, devant les caméras, d’en boire pour éliminer le virus dans les poumons. Une déclaration qui suscitera un tollé. 

L’Europe réussit à maîtriser la pandémie à partir de mai, permettant un déconfinement. Mais Donald Trump ne veut pas entendre parler de confinement. Pourtant, des gouverneurs dans certains États se prononcent favorables au confinement. Le président américain tweete le 17 avril à ses 80 millions de followers : «Libérez le Minnesota, le Michigan, la Virginie !»

En mai, les pays confinés en Europe lèvent le confinement, les pays d’Asie maîtrisent l’épidémie. Mais les États-Unis connaissent des vagues de contaminations successives dans tous les États. Le 27 mai, le pays compte 100 000 décès, le 28 septembre la barre des 200 000 morts est atteinte. Près de 15 % des américains sont au chômage, une première depuis 1948.

Puis vient le temps de l’arroseur arrosé : le 1er octobre, Donald Trump est testé positif au Covid-19. La cérémonie d’annonce de la nomination d’Amy Coney à la Cours suprême lui aurait été fatale.
Si minimiser la crise sanitaire semble conquérir le cœur des plus conservateurs des américains, cela fait moins rire dans le reste du monde et particulièrement en Chine.

« L’Institut de virologie de Wuhan est responsable de la sortie du virus »

Le «Chinese virus», comme s’amuse Donald Trump à appeler le Covid-19, est le moyen idéal pour attaquer la Chine. Associer le virus à la Chine, c’est rappeler à chaque fois à cause de qui nous en sommes là. Pourtant, avant que le Covid-19 ne touche les États-Unis, Donald Trump soutenait son homologue chinois. Une période vite balayée par les déclarations qui ont suivi.

Dès le 17 avril, le président américain fait part de ses doutes sur la provenance animale du virus. Il s’avance à dire que l’Institut de virologie de Wuhan est responsable de la sortie du virus de son laboratoire. La directrice de l’Institut contestera dans la foulée. Mais Donald Trump peut compter sur son chef de la diplomatie Mike Pompeo pour appuyer ses déclarations. «Rien que le fait qu’il faille poser ces questions, rien que le fait que nous n’en connaissons pas les réponses, que la Chine n’a pas partagé les réponses, cela en dit long» dénonce-t-il. Plusieurs fois les américains menacent la Chine de sanctions. En retour, la Chine met en garde sur la réciprocité de ces sanctions. 

Le porte parole du ministère des affaires étrangères chinois affiche ses doutes : «La Chine est à la pointe de la recherche en matière de vaccins et de traitement contre le Covid-19. De ce fait, elle a plus de raisons que quiconque de se méfier du vol d’informations sur Internet». 

Aujourd’hui, 66 % des américains ont une opinion défavorable de la Chine. Pékin ne porte pas non plus dans son cœur Washington. Les autorités chinoises ont accusé de racisme les États-Unis après de nouvelles violences policières.

« Si des pillages commencent, on commencera à tirer »

Il est 20 h ce 25 mai à Minneapolis. George Floyd vient d’acheter des cigarettes. Le gérant de la supérette lui reproche d’avoir payé avec des faux billets. Ils appellent la police. Refusant d’obtempérer, George Floyd est victime d’une altercation brutale où le policier l’immobilise allongé au sol sur le ventre. Le genou dans son cou, George Floyd répètera plusieurs fois «I can’t breathe» (je ne peux plus respirer). Le policier continue et Floyd perd connaissance. Après avoir appelé les secours, les témoins sur place demandent au policier de lever son genou. Les médecins ne parviendront pas à le réanimer. Il est déclaré mort moins d’une heure après cette violente altercation. 

Ce décès, qui succède à bien d’autres meurtres sur des afro-américains de la part de policiers, suscite l’émotion de tout un pays. Le maire de Minneapolis Jacob Frey estime qu’ «être noir aux États-Unis ne devrait pas être une condamnation à mort». Dès le lendemain du drame, les habitants descendent dans les rues pour manifester. Les émeutes tournent souvent à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Très vite, partout dans le pays, des manifestations sont organisées. Des manifestations qui continueront de faire du bruit, dépassant les frontières américaines. 

Pendant ce temps, le président américain reste à contre courant de ce drame. Lors des manifestations, Donald Trump tweete : «si des pillages commencent, on commencera à tirer». Des manifestations ont lieu jusque devant la maison blanche. Les services du président américain ont préféré mettre le président dans un bunker afin d’être protégé contre toute manifestation qui pourrait dégénérer. Une attitude qui passe mal à 5 mois de l’élection présidentielle. 

Donald Trump ne reconnaît qu’à demi-mot sa défaite

Après une destitution lancée par la chambre des représentants à majorité démocrate, Donald Trump retrouve sa légitimité grâce au Sénat qui vote contre « l’impeachment » le 5 février 2020.

La campagne démarre timidement à cause de la pandémie Covid-19 qui est dans tous les esprits. Le candidat démocrate face au président sortant sera Joe Biden. Mais il peine à se faire entendre. Sur la scène médiatique, on s’intéresse avant tout aux mesures anti-Covid19 que le président américain prend (et ne prend pas). Au début de la campagne, Joe Biden est réticent à faire des meetings, craignant des clusters géants.

Une crainte que ne partage pas Donald Trump. Il enchaîne les meetings notamment à la fin de l’été. Face à une époque inédite, il propose de reporter les élections sans pour autant concrétiser ses paroles. Plusieurs fois, il met en garde sur le vote par correspondance, recommandé par Joe Biden. Début septembre, le président sortant appelle ses électeurs à voter «deux fois» pour s’assurer de la fiabilité du vote par correspondance. 

Tout au long de la campagne, les sondages donnent Joe Biden largement gagnant de 5 à 10 points. Le 29 septembre, un premier débat télévisé entre les deux candidats est organisé. Les commentateurs retiennent de ce moment un théâtre d’invectives plutôt qu’un débat sur le fond. 3 jours plus tard, Donald Trump est testé positif au Covid-19. Le 5 octobre, il sort de l’hôpital et promet de refaire campagne très vite. Son retour est commenté. On le voit le soir à la Maison Blanche, retirant son masque, essoufflé. 

Lors de l’élection le 3 novembre, c’est plus de 100 millions d’électeurs sur 151 millions qui ont utilisé le vote anticipé. Après plusieurs jours de comptage, c’est Joe Biden est élu président avec 5 millions de voix d’avance. C’est l’échec pour Donald Trump, qui aura progressivement dégringolé toute l’année après les différentes épreuves de 2020. 

Aujourd’hui encore, le président sortant ne reconnaît qu’à demi mot sa défaite et n’a pas appelé son successeur. Une tradition dans l’histoire des présidents américains qui n’est pas respectée. 

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