2020. Australie : le pays étouffe du début à la fin

Incendies ravageurs, épidémie qui touche les grandes villes du pays, l’Australie a connu une année difficile. Seul un accord de libre échange semble sauver la mise d’une année à oublier. Retour sur une année 2020 étouffante.

L’année commence aussi mal que 2019 a fini en Australie. Le pays est l’un des endroits au monde les plus touchés par le réchauffement climatique. Ces dernières décennies, la durée et l’intensité des étés australiens a considérablement augmenté. En janvier et en février, certaines régions voient les températures exploser. En fin 2019, des incendies touchent les forêts australiennes comme jamais elle n’a ravagé la faune et la flore. Des centaines d’espèces animales doivent migrer vers d’autres forêts. Le premier ministre Scott Morrison est dépassé par la situation. Les autorités reconnaissent que les incendies ne parviennent pas à être maitrisés. Les conditions climatiques n’aident pas. Depuis des mois, il n’a pas plu une seule fois dans le pays et il fait chaque jour plus de 40 degrés. 

Le regard du monde entier braqué sur l’Australie

Les grandes villes du pays vivent dans un climat apocalyptique. Les fumées des incendies se propagent et sont visibles jusqu’en Amérique du Sud. Face à cette catastrophe écologique, de nombreux pays proposent d’aider les australiens pour lutter. Emmanuel Macron propose l’aide de la France dès le 5 janvier. Le premier ministre canadien Justin Trudeau appelle aux dons le 6. 

Durant cette période, les prévisions météos annoncent encore plusieurs jours de chaleurs extrêmes sans interruption. Les basketteurs de la NBA envoient de l’aide financière. Le directeur de l’Open d’Australie de tennis, qui doit se jouer à Melbourne dès le 20 janvier, ne sait pas si le tournoi peut avoir lieu. C’est l’un des 4 plus grand tournois de l’année avec Roland Garros, Wimbledon et l’US Open. Des vidéos de joueurs à l’entrainement pour ce tournoi circulent. On les voit toussotant, s’agenouillant au sol ne pouvant plus respirer. Ils essaient de jouer sous un ciel grisonnant, comme une brume grise faisant perdre la notion du temps. Pour accélérer la lutte, les pompiers américains arrivent en renfort à Sydney le 10 janvier. 

Ce n’est que le 20 janvier où les premières averses de grêle apaisent la tension en Australie. Une accalmie de courte durée puisque 3 jours après les incendies continuent de gagner du terrain à cause de nouvelles fortes chaleurs. Fin janvier, la France envoie de l’aide pour sauver des marsupiaux orphelins. Cette espèce est l’une des plus touchée par les incendies. Des petits marsupiaux sont récupérés, soignés et nourris dans des lieux sûrs du pays.

Le 10 février signe les premières fortes pluies de fin d’été en Australie. 3 jours plus tard, les autorités annoncent que les incendies commencent à être maitrisés. Mais le bilan est lourd. C’est la fin de 9 mois de feux incessants en Australie. Le 24 février, on dresse un bilan dramatique. 20 % des forêts australiennes ont disparu. L’équivalent d’une superficie plus grande que celle du Portugal.
En novembre dernier, un sondage a montré que 90 % des australiens étaient inquiets du changement climatique. Les scientifiques rappellent que cet été sans précédent pour l’Australie paraitra comme un été normal dans 10 ans, voir même comme un « été frais » au siècle prochain. La seule solution pour éviter ce scénario, limiter la hausse du réchauffement climatique en ne dépassant pas l’augmentation d’1,5 degrés. 

l’Australie finalement débarrassée du Covid-19 ?

La mystérieuse pneumonie de Chine ne tarde pas à débarquer en Australie. Dès le 21 janvier, un australien revenant d’un voyage à Wuhan présente des symptômes est placé en isolement chez lui à Brisbane. Mais le virus semble ne pas sévir comme dans le reste du monde. L’Asie et l’Europe ont connu des vagues épidémiques entre février et mai, puis entre septembre et décembre. C’est l’inverse en Australie. Les scientifiques expliquent ce phénomène contraire par les températures. La Covid-19 se transmet plus facilement durant les périodes hivernales où les populations se retrouvent dans des lieux clos enfermés. Quand l’Europe se déconfite en mai, l’hiver approche en Australie. Les autorités sanitaires craignent une propagation plus violente du virus que celle qui existe jusqu’à présent.

En juin, des premiers foyers épidémiques apparaissent dans l’État de Victoria et dans sa ville principale, Melbourne. Le 6 juillet, l’État ferme ses frontières avec l’État voisin très peuplé : celui de la Nouvelle Galles du Sud et de sa grande ville, Sydney. Melbourne décide également de confiner les quartiers de la ville les plus touchés de la ville. 300 000 habitants sont confinés chez eux. La propagation est incontrôlable. Tout l’État de Victoria se confine fin juillet. Le 3 août, le premier ministre australien Morrison annonce la fermeture des commerces non-essentiels, des bars, des restaurants ainsi qu’une mise en place d’un couvre feu de 20h à 5h. Le premier ministre annonce également que la vaccination de la population sera obligatoire.

À Melbourne, le confinement se poursuit au-delà de la date fixée au 6 septembre. C’est le plus long confinement au monde. Alors que le pays annonce la levée des restrictions le 27 septembre, Melbourne reste confinée. Une situation qui prend fin… le 28 octobre. La ville sera restée confinée 112 jours. En France pendant le premier confinement, nous n’étions restés confinés « seulement » 56 jours. Les résultats sont là. L’État de Victoria n’a détecté aucun cas covid de tout le mois de novembre. 

Accord de libre échange historique en Asie du Sud est : 

Après des négociations longues de plusieurs années, plusieurs pays de la région de l’Océan Indien se sont accordés le 20 novembre pour signer un accord de libre échange sans précédent. C’est le Partenariat Régional Économique Global (RCEP). La Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et 10 autres pays de l’Association des nations d’Asie se sont accordés pour ce nouvel accord historique. Jamais une partie aussi importante de la population mondiale n’avait été concernée par un accord de libre échange. 

Cet accord vise à réduire ou à supprimer les droits de douane entre les pays membres sur un certain nombre de produits industriels et agricoles. Il contient 20 chapitres dans lesquels sont abordés le commerce, les investissements et la propriété intellectuelle. La Chine tient un rôle central dans cet accord. Un rôle central dû notamment au fait que l’Inde ait décidé de ne pas y adhérer. 

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