Espagne : les indépendantistes catalans en plein renouveau

Le 1er octobre 2017, le gouvernement de Catalogne met en place un référendum d’autodétermination d’indépendance. A la question « Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous la forme d’une République ? », le « oui » l’emporte avec 90,1 % des suffrages, pour un taux de participation de 42,38 %. Seize jours plus tard, le tribunal constitutionnel espagnol déclare ce référendum illégal, et annule sa loi.

Depuis, et malgré les changements de gouvernements catalans et espagnols, le statut de la région reste identique. Les indépendantistes cherchent donc à se réinventer pour faire ressurgir la cause de la Catalogne. Les responsables de la mise en place de ce référendum d’octobre 2017 ont été arrêtés, jugés, puis pour certains condamnés à une peine de prison ferme. Ceux-ci, trois ans après, sont toujours sous les verrous. Les indépendantistes se retrouvent alors sans leaders au lendemain de ces arrestations, ce qui étouffe peu à peu la question d’indépendance de la Catalogne.

Discorde au sein des indépendantistes

Dans les semaines qui suivirent le référendum, celui-ci a été déclaré illégal et a ainsi perdu toute légitimité. Le président du gouvernement espagnol de l’époque, Mariano Rajoy, a également demandé au Sénat la destitution du gouvernement de Catalogne, qui selon lui n’a pas respecté la Constitution. C’est ainsi que le 27 octobre, le Sénat donne son accord, et la destitution du gouvernement catalan entre en vigueur le lendemain, le 28 octobre 2017 donc. Carles Puygdemont, président de la généralité de Catalogne est donc destitué et s’exile en Belgique, au profit Quim Torra, qui conserve les idées de son prédécesseur, et entend bien offrir l’indépendance à la Catalogne. Les indépendantistes sont alors divisés, entre ceux qui veulent continuer de se battre démocratiquement et maintenir la pression sur Madrid, et ceux qui reconnaissent l’échec de l’indépendantisme catalan. La question de la Catalogne était une priorité ces deux dernières années en Espagne. Des rencontres ont été organisées entre Madrid et Barcelone pour tenter de faire avancer la cause, en vain. De plus, avec la pandémie de Covid-19, les priorités ont changé pour le gouvernement espagnol. Aujourd’hui, les divisions subsistent encore et les indépendantistes ne parviennent pas à faire le choix entre le dialogue ou la confrontation avec Madrid.

Un combat qui continue malgré tout

Le président de la généralité de Catalogne, Quim Torra, est favorable à l’indépendance de sa région. Aussi, il fournit un combat acharné pour tenter d’obtenir cette indépendance. Un combat acharné, peut-être un peu trop. Peu avant les élections législative d’avril 2019, il brandit une banderole au contenu séparatiste sur la façade du siège du gouvernement régional. M. Torra refusera d’enlever cette banderole malgré les ordres de l’autorité électorale. Un acte qui lui vaut une condamnation en décembre 2019, et entraine sa destitution au poste de président de la généralité de Catalogne, le 28 septembre 2020. Dans une tribune qu’il adresse à nos confrères de La Dépêche du Midi , Quim Torra réagit à sa destitution est dénonce « le déclin démocratique de l’Espagne » et « la soif de vengeance qui importe plus que la santé des Catalans ». Une destitution qui bouleversent les institutions catalanes, qui ont pourtant plus que jamais besoin de stabilité au moment ou le covid-19 gagne à nouveau du terrain. Malgré sa destitution et son inéligibilité de dix-huit mois, Quim Torra affirme vouloir continuer le combat : « Je porterai la cause de la liberté d’expression et la cause de l’indépendance au niveau de l’Europe, et nous gagnerons« .

Quel avenir pour la Catalogne ?

Si l’idée d’une indépendance reste bien encrée dans les têtes des indépendantistes catalans, dans les faits, son avenir à court terme semble compromis. En effet, si les partis catalans de droite veulent maintenir la pression sur Madrid, les partis de gauche semblent résolus à une autre solution. L’idée d’un état fédéral ou d’une confédération est avancée au sein de ces partis de gauche. Rappelons qu’aujourd’hui, l’Espagne est constitué de dix-sept communautés autonomes, dont la Catalogne. En devenant un état fédéral ou une confédération, la Catalogne obtiendrait une autonomie supérieur mais serait toujours liée à l’Espagne et son gouvernement. Ce serait quoiqu’il advienne un échec pour les indépendantiste.

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