Noël 1914 : la fraternité plus forte que la barbarie

"Christmas Truce of 1914", tiré de l'Illustrated London News paru le 9 janvier 1915/Wikimedia Commons

Le 25 décembre, de nombreuses troupes allemandes et britanniques cessent le feu pour laisser place aux chants de Noël. Ils résonnent sur le front de l’Ouest, accordant aux soldats un moment éphémère de répit et de fraternité si importants et quasi-inexistants, depuis le début de la guerre 4 mois auparavant. Le jour de Noël 1914 est certainement l’événement le plus improbable mais aussi le plus beau de la Première Guerre Mondiale.

Photographie représentant un groupe de soldats de différents nationalités ensemble/NAM

Un esprit méfiant

Cet événement si symbolique de la Première guerre mondiale est aussi appelé la « trêve de Noël ». Mais au début, les soldats Alliés voyaient cela comme un piège.

Les soldats allemands ont commencé à chanter des chants de Noël en anglais ou même en français, chose qui paraissait bizarre aux oreilles des Alliés. Ensuite, les soldats ennemis se sont aventurés sur le No Man’s Land jusqu’à atteindre les tranchées des Alliés mais en voyant que ces derniers étaient désarmés, l’atmosphère est vite redescendue et les Britanniques ont commencé à sortir de leur tranchées pour serrer les mains aux Allemands. S’en sont suivis les Français, et le reste des soldats.

Le matin du 25 décembre

C’est au matin du 25 décembre que vont se dérouler les activités les plus étonnantes mais également les plus fraternelles. Les Allemands ont commencé à crier :

« Good morning Englishman and a merry xmas. You no shoot, we no shoot »

« Bonjour l’Anglais et un joyeux Noël. Tu ne tires pas, on ne tire pas. »

On lance des rations d’une tranchée à une autre, on s’échange des cigarettes, des boissons, des boutons d’uniformes… Aussi, on fume la pipe ensemble, on organise même des matchs de football ! Le match qui a retenu l’attention des soldats (à tel point que c’est le seul score qui a été noté dans les correspondances) est une victoire allemande 3 à 2.

Mais se réunir entre soldats alliés et ennemis est également l’occasion de rendre hommage à leurs camarades morts au combat, afin d’organiser de décentes funérailles.

« Quelques uns de nos ennemis », photographie prise pendant la trêve de Noël/NAM

Une paix de courte durée

Les hostilités ont repris majoritairement dès le 26 décembre, même si par endroits, le cessez-le-feu a duré plusieurs jours. Evidemment, les officiers ont interdit à leurs troupes de tels moments de fraternité pendant le reste de la guerre.

Après la guerre, on ne croyait pas qu’il y ait pu avoir un tel moment de répit pendant un conflit pareil, à tel point que cette trêve a longtemps été considéré comme un mythe.

Pour finir, je vous propose le témoignage du Caporal George Jameson, donné au National Army Museum en 1991 :

Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous !

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