Ce jour-là, le 24 février 1670

Détail d'une estampe de 1707 montrant le Roi accompagné de l'architecte Jules Hardouin-Mansart Mansart, lors de la visite de l'Hôtel des Invalides et de sa nouvelle église/Site officiel du Châtau de Versailles.

Le 24 février 1670, Louis XIV, ordonne la construction de l’Hôtel des Invalides. Destiné à abriter et à soigner les soldats, dernière demeure de Napoléon Bonaparte, monument phare et représentatif de Paris, son dôme doré continue encore et toujours d’embellir la capitale. Retour sur son histoire.

Portrait le plus emblématique de Louis XIV, par Hyacinthe Rigaud, en 1702./Wikimedia Commons

Après Versailles, les Invalides

La construction de l’Hôtel des Invalides peut être considéré de notre point de vue actuel, comme la deuxième « œuvre » phare du règne de Louis XIV. Pour le rappel, la construction du château de Versailles a débuté en 1623, et celle de l’Hôtel des Invalides en 1670.

L’errance des soldats invalides dans Paris devenait problématique. Déjà sous Philippe Auguste un hospice avait été établi pour les accueillir. De plus, Henri IV avait lui aussi œuvré pour ces derniers, en créant la maison des charités chrétiennes, en 1597. Toutefois, c’est bel et bien sous Louis XIV que la construction d’un endroit décent pour accueillir ces soldats va être lancée.

Aussi, dans l’ordonnance du 24 février 1670, et dans celle du 15 avril 1670, mais également dans toutes celles qui vont suivre après, Louis XIV y exprime son vif intérêt pour la construction de l’Hôtel des Invalides, qui doit être :

« un hostel (sic) royal pour y loger tous les officiers et soldats tant estropiés que vieux et caduques »

Le 24 février 1670, le Roi estimait :

« qu’il étoit bien raisonnable que ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien de notre Monarchie… jouissent du repos qu’ils ont assuré à nos autres sujets et passent le reste de leurs jours en tranquillité »

30 novembre 1671 : pose de la première pierre

Pour construire un monument de cette ampleur et de cette prestance, il faut des architectes doués. En effet, Louis XIV a fait appel a Libéral Bruand et Jules Hardouin-Mansart : deux grands architectes français reconnus relevant du « classicisme français ».

Hardouin-Mansart par Hyacinthe Rigaud. Dans le fond, on peut voir les Invalides : œuvre phare de l’architecte/La Guía.

La première pierre est posée le 30 novembre 1671. La Plaine de Grenelle s’habille d’une construction prodigieuse. Jugeant les travaux des bâtiments assez avancés, les premiers pensionnaires sont accueillis dès 1676. C’est Louis XIV en personne qui va inaugurer les locaux. Entre 1676 et 1690, ce sont six mille invalides qui y seront admis. Cependant, ils ne restent pas oisifs mais participent aux tâches quotidiennes. En 1701, des conditions d’admissions sont fixées :

  • Incapacité de servir par l’âge ou l’invalidité
  • Examen de l’état physique par un médecin, un chirurgien et un commissaire des guerres.
  • Certificat d’ancienneté de service

La construction de la fameuse église Saint-Louis, aussi appelée « église des soldats » débute en 1678, de même que l’église royale avec son dôme doré, par Hardouin-Mansart en 1706.

Eglise du Dôme des Invalides/Flickr

Postérité

« Le roi est mort, vive le roi ! »

Le 1er septembre 1715, Louis XIV meurt. Vers la fin du XVIIIème siècle, une école de chirurgie est créée. Antoine Parmentier y est le personnage emblématique. Pendant la Révolution Française, les frais d’entretien originellement payés par les vieux soldats, sont mis à la charge des soldats. Aussi, la décoration de l’église du Dôme est mise à l’ordre du jour, car les révolutionnaires jugeaient qu’elle parlait trop de Dieu et du Roi. À la place, on met des drapeaux de Notre-Dame et la chapelle de Mansart devient le Temple de Mars. En mai 1793, sous la Terreur, l’Hôtel des Invalides devient la « Maison Nationale des Militaires Invalides » (on sent le caractère chauvin et nationaliste de la dénomination).

Napoléon Ier redore le lieu, et rend les églises au culte. En guise d’exemple, c’est en 1804 qu’il choisira l’église du Dôme pour la remise des premières Légions d’honneur. Les Restaurations (1814-1815) et (1815-1830) n’ont pas eu de grandes nouveautés et changements sur les Invalides. Le seul fait notable est le retour des cendres de Napoléon. Les Invalides vont également abriter moultes musées :

  • Musée des plans et reliefs dès 1776-1777
  • Musées de l’artillerie dès 1871-1872
  • Musée historique de l’Armée en 1896
  • Musée de l’Armée depuis 1905

De nos jours, ce sont des millions de touristes qui viennent visiter ce complexe, au passé trépidant et exceptionnel.

Sources :

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