OUT NOW. EPISODE #16 : Beyoncé – 4

Beyoncé dans "Run the World (Girls)" - YouTube

Il y a presque 10 ans sortait l’un des albums les plus célèbres des années 2010, 4 de Beyoncé. Notamment connu pour son single Run The World (Girls), l’album est également un moyen pour l’artiste de se détacher de tout ce qu’elle a pu faire avant, arborant un style plus mature et plus libre.

Très jeune, Beyoncé épate autour d’elle. Ses professeurs d’art et de chant la voient atteindre des notes très aiguës, sans aucun effort.  

A seulement 9 ans, elle crée le groupe Girl’s Tyme avec LaTavia Roberson et sa cousine Kelly Rowland. Avec le père de Beyoncé comme manager, les trois filles s’entraînent dur. Mais malgré tout, elles échoueront en participant à la compétition télévisée renommée, Star Search, et repartiront à zéro en créant les Destiny’s Child après cette défaite. Après des semaines de concerts locaux, les filles signent avec Columbia Records, Beyoncé est alors âgée de 15 ans et leur histoire commence enfin.  

Destiny’s Child et Say My Name

Après des arrivées de nouveaux membres et le départ de certaines, les Destiny’s Child, en 1999, dévoilent ce qui restera à jamais un de leurs titres les plus écoutés : Say My Name. Beyoncé, Kelly Rowland et Michelle Williams enchaînent les tapis rouges et photoshoots, elles remportent le Grammy award de la meilleure prestation RnB par un duo ou un groupe et celui de la meilleure chanson RnB de l’année.  

Au fil du temps, les Destiny’s Child enchaînent les succès certes, mais également les scandales entre anciens membres du groupe et le manager, père de Beyoncé, Matthew Knowles. Des années plus tard, Beyoncé, désormais star planétaire en solo, avouera avoir été en dépression à cause de tous ces soucis. Malgré les classements des projets du groupe et les récompenses gagnées, toute cette ambiance pesait sur elle et elle sentait qu’étant célèbre, plus personne ne l’aimerait jamais pour autre chose que sa notoriété et son argent. 

Beyoncé dans « Best Thing I Never Had » – YouTube

Après la fin des Destiny’s Child, Beyoncé se lance en solo avec son premier album, qui est immédiatement un succès dans le monde entier : Dangerously in love. Porté par le single phare de la carrière de Queen B, Crazy In Love, en featuring avec Jay Z qu’elle mariera par la suite, l’album participe à la consécration de Beyoncé Knowles en tant que chanteuse, danseuse, (rappeuse parfois) et compositrice. Dangerously in love arrive numéro un du Billboard 200. Une place que la chanteuse continuera d’atteindre tout au long de sa carrière, jusqu’à l’album le plus récent avec Jay Z (sous le nom de The Carters) : Everything is love.

La résurrection de Queen B

4, sorti le 24 juin 2011, est, comme son nom l’indique, le quatrième album de Beyoncé. A l’époque il marquera la rupture professionnelle avec son père en tant que manager. 4 est l’album qui fera naitre un des titres les plus connus de Beyoncé : Run The World (Girls). Un peu plus d’un mois plus tard ce sera le second single qui sortira, Best Thing I Never Had, moins populaire que le premier.

Tout de suite très apprécié du public, 4 se classera à la première place du Billboard 200 aux Etats-Unis. Beyoncé dit de cet album qu’elle a voulu le rendre différent de tout ce qu’elle a pu faire avant. La chanteuse y mélangera plusieurs genres et se sent plus libre dans son art. Elle crée en fonction de ses envies et ne veut pas être catégorisée comme uniquement chanteuse de RnB. Elle déclarera au magazine Billboard vouloir se démarquer et ne pas être définie par un style ou un genre de musique.

« Personne ne peut me définir. Je peux juste avoir du plaisir et avoir la liberté artistique de faire ce que je veux »

– Beyoncé

Et cette prise de risque a fonctionné pour Queen B dont 4 ne tombera pas dans la malédiction du quatrième album tant redoutée par les artistes. Il faut dire que tous les astres étaient alignés pour elle avec ce chiffre 4 qui symbolise la date de son anniversaire (4 septembre 1981), celui de sa mère et le jour où elle s’est mariée. Une réussite pour la jeune femme de seulement 30 ans (à l’époque) qui deviendra l’une des femmes les plus influentes dans le monde de la musique jusqu’à aujourd’hui, et une icône sous plusieurs angles.

Run The World (Girls)

Beyoncé aura marqué les années 2010 avec cet hymne féministe qui ne vieillit pas. De sa voix puissante, la chanteuse donne la parole aux femmes et crie leur émancipation : « Who run the world ? Girls ! / Qui dirige le monde ? Les filles ! ». Elle pointe notamment du doigt le rôle de la femme dans le monde de la musique, un secteur où les hommes dominent encore, surtout dans l’univers du RnB. « This goes out of all my girls that’s in the club rocking the latest, who will buy it for themselves and get more money later / C’est pour toutes les filles qui dansent en boîte sur le dernier son et qui paieront pour elles-mêmes et auront plus d’argent plus tard ».

Ce titre a suscité énormément de critiques positives à sa sortie mais a également eu son lot de mauvaises réponses. Considérée comme extrême dans son féminisme par une partie des auditeurs, la chanteuse a été accusé de descendre tous les hommes dans l’industrie de la musique par le fameux « pas tous les hommes ». Malgré tout, l’héroïsme et la détermination de Beyoncé lui a permis de conserver sa place de n°1 jusqu’à aujourd’hui.

Analyse des titres

Love On Top

Love On Top est une véritable hymne à l’amour. Beyoncé s’adresse à l’homme qu’elle aime et qu’elle idolâtre : « You’re the one I love, you’re the one I need , you’re the only one I see / Tu es le seul que j’aime, tu es le seul dont j’ai besoin, tu es le seul que je vois ». Loin des critiques et des doutes, elle exprime sa confiance en son couple : « They say love hurts, but I know it’s gonna take a little work / Ils disent que l’amour fait mal mais je sais qu’il faudra y travailler ».

Et cette déclaration d’amour est dédiée à son mari, le rappeur Jay-Z. Leur relation a vu le jour en 2002 et tient le coup depuis malgré toutes les rumeurs de tromperies dont ils ont fait l’objet. Love On Top en est la preuve.

Countdown

Beyoncé dans tous ses états sur ce morceau. Countdown représente très clairement l’autre partie de Beyoncé souvent oubliée entre ses ballades d’amour et ses combats féministes comme Run The World (Girls) ou encore If I were a boy. Entre RnB et pop (et avec un équilibre toujours parfait entre les deux), la chanteuse nous offre ici une véritable performance sur tous les fronts : chant (toujours au rendez-vous avec cette voix angélique), danse (en étant enceinte!) et elle se met même au rap sur quelques couplets.

Avec un compte à rebours (countdown) de 10 à 0 dans le refrain, Beyoncé déclare son amour à celui auprès de qui elle veut passer toute sa vie et annonce même sous un certain aspect sa grossesse : « I’m trying to make us (three), from that (two), still the (one) / J’essaye de faire de nous (trois), à partir de ce (deux), tu es toujours le numéro (un) ».

Best Thing I Never Had

Une chanson de rupture qui sent tout sauf la vengeance, le karma ou la haine. Ce morceau pousse plutôt à s’aimer, se protéger et savoir quitter une mauvaise relation quand il le faut. Dans Best Thing I Never Had, Beyoncé met la barre des ballades RnB-pop très très haute.  

« What goes around comes back around » revient plusieurs fois dès les premières secondes du morceau. Souvent traduit par « on récolte ce que l’on sème », ce proverbe installe directement la chanson dans un état d’esprit. Celui d’accepter ce que la personne vous a fait subir, ne plus le laisser faire mais ne pas se venger. Laisser le temps faire, croire au karma et se protéger plus qu’autre chose en acceptant que c’est fini.

« I saw the real you, thank God you blew it, I thank God I dodged the bullet, I’m so over you / J’ai vu le vrai toi, Dieu merci tu as tout gâché, je remercie Dieu car j’ai évité la balle, je t’ai complétement oublié ».

Beyoncé dans « Run The World ? (Girls) » – YouTube

4 s’inscrit dans une lignée d’albums réussis qui ne s’arrête pas jusqu’à aujourd’hui pour Beyoncé. S’il marquait une rupture avec ses précédents projets, il reste finalement du Beyoncé. C’est là la magie de cette artiste : toujours innover, toujours étonner mais en restant fidèle à son style et sa propre création.

Chronique par Chloé Couly et Lina Labiad.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *