OUT NOW. EPISODE #4 : Shawn Mendes – Wonder

Shawn Mendes dans "Wonder" - Capture d'écran YouTube

Propulsé sur la scène internationale avec son premier album Handwritten, Shawn Mendes connaît la célébrité très jeune. À seulement 22 ans, il a déjà effectué deux tournées mondiales pour Illuminate et son album éponyme. Le jeune homme est de retour après 2 ans avec Wonder. Analyse de ce dernier album, discret et intimiste, à l’image de son interprète.

Phénomène inexpliqué, la malédiction du quatrième album, ou la «fourth album curse» en anglais, marque souvent l’échec du quatrième album dans la carrière d’un artiste. Artpop de Lady Gaga, Witness de Katy Perry ou même l’échec de la grande Madonna avec Like a Prayer. Est-ce le cas pour Shawn Mendes ?

Wonder s’inscrit dans la lignée d’albums composées et écrits par le chanteur : intimes et forts. Proposant différents types de morceaux, Shawn Mendes passe d’un rythme dansant à une ballade romantique jusqu’à des chansons plus tristes révélant un de ses problèmes plus secret.

Wonder pour journal intime

Avec le single Wonder (premier titre après Intro), Shawn Mendes introduit l’album en faisant le point sur lui-même. Il se remet en question et semble loin de tout : «I wonder if I’m being real, do I speak my truth or do I filter how I feel/Je me demande si je suis honnête, suis-je sincère avec moi-même ou est-ce que je filtre mes émotions».

Une introspection à voix haute est réalisée par le jeune canadien : «When I cry into my hands, I’m conditioned to feel like it makes me less of a man/Quand je pleure dans mes mains, je suis conditionné à ressentir que ça me rend moins masculin» chante Shawn Mendes, rejetant la masculinité toxique de notre société qui apprend aux hommes à être forts et cacher leurs sentiments et voit les femmes comme plus fragiles et sensibles.  

Shawn Mendes dans « Wonder » – Capture d’écran YouTube

Shawn Mendes reste dans son registre qui lui réussit si bien. Wonder rappelle In My Blood qui nous avait tous secoués en 2018 : toutes deux sont des chansons qui rappellent des sentiments communs à tous et résonnent en nous. In My Blood abordait l’anxiété et la force intérieure qui pousse le chanteur à prendre sur lui tandis que Wonder touche à sa sensibilité et aux questions qu’il se pose sans cesse, indécis.  

Le clip de Wonder dirigé par Matty Peacock pose le décor de l’album. A l’image de la pochette de celui-ci, Shawn Mendes y est seul au milieu de la nature. Originaire du Canada, le jeune homme semble avoir apporté les forêts et falaises de son pays dans l’esthétique du clip. La vidéo traduit les émotions qu’exprime Mendes dans la chanson : seul, il se recentre sur lui-même.

Analyse des titres

Higher

Higher captive dès la première note. Un rythme entraînant et dansant commence, le tempo est parfait et la vitesse des paroles à la There’s Nothing Holdin’ Me Back nous envoûte très rapidement.

Shawn Mendes semble contrôler sa voix à la perfection sur ce morceau, aucune note n’est de trop. Entre les couplets chantés avec une voix assez grave et les refrains en falsetto, Higher est un des morceaux marquants de ce quatrième album.

«I can’t get much higher/Je ne peux pas monter plus haut» chanté presque de façon ironique avec des aigus plus que parfaits atteints par le jeune homme. Si on connaissait déjà ses capacités vocales, on en a maintenant le cœur net et la preuve pour tous ceux qui en doutent.

Et puis, un refrain final quasiment a capella qui marche parfaitement dans ce morceau durant lequel on a besoin de reprendre notre souffle. On a hâte de tenter d’atteindre ces notes en concert.

24 Hours

Sur un rythme calme et des notes de piano, Shawn Mendes chante son amour pour sa petite amie, la chanteuse Camila Cabello. Il évoque les nombreuses critiques dont leur couple fait preuve depuis le début de leur relation : «Who cares about what they approve, I’ll face them all to be with you / Qui se soucie de ce qu’ils approuvent, je les affronterai tous pour être avec toi».

En utilisant la jolie métaphore d’une maison, il lui avoue être prêt à l’engagement «All it takes is 24 hours, sign the check and the place is ours/Ça ne prendrai que 24 heures, nous signons le chèque et cet endroit est à nous». Dans la deuxième partie du refrain, il opte pour les fleurs symbolisant le mariage «We could dance, you could throw the flowers/Nous pourrions danser, tu pourrais jeter les fleurs».

Avec 24 Hours, Shawn Mendes montre ce qu’il est capable de faire dans l’exercice de la ballade, il s’amuse avec les mots et le rendu est magnifique «I’ll paint the world that you deserve, every color you’d imagine/Je peindrai le monde que tu mérites, chaque couleur que tu imagine».

Look Up At The Stars

«Look up at the stars, they’re like pieces of art/Regardes les étoiles, ce sont des œuvres d’art» : la poésie de Shawn Mendes est de retour sur Look Up At The Stars.  

Le morceau semble être la continuité du titre très émouvant, dédié à ses fans en 2015, Never Be Alone. Face à une année compliquée et solitaire pour tous, Shawn Mendes semble avoir combattu ce phénomène de solitude grâce à ses fans à qui il dédie ce nouveau morceau «Got these angels around me, I’ll never be alone/J’ai ces anges autour de moi, je ne serai jamais seul».  

Look Up At The Stars est une chanson qui porte tellement d’espoir et de réconfort mais c’est également une chanson d’amour comme Shawn Mendes en a le secret. Le jeune homme s’impose à la table des auteurs-compositeurs avec cette écriture raffinée, touchante dont chaque mot parvient à nous faire sourire.  

La voix puissante du chanteur porte ce morceau très haut dans le classement des meilleures ballades réalisées par Shawn Mendes (derrière, bien sûr, Fallin’ All In You, la chanson d’amour suprême).

Teach Me How To Love

Le titre Teach me How to love est plus rythmé et parle tout simplement de sexe, de découverte de l’autre. Shawn Mendes dit vouloir se donner entièrement à sa compagne, à tout ce qu’elle désire «Put my hands around you, teach me how to touch you, tease, caress you and please you, teach me how to love/Pose mes mains autour de toi, apprends moi comment te toucher, te taquiner, te caresser et te faire plaisir, apprends moi à aimer».

Le thème esthétique de l’album est la nature et plus précisément l’eau. Dans cette chanson il compare le corps de sa petite amie à un océan «Your body’s like an ocean, I’m devoted to explore you/Ton corps est comme un océan, je suis dévoué à t’explorer».

Tout cet album et le clip de Wonder lui-même, où il explore un paysage, pourrait être le symbole de sa passion pour la femme qu’il aime. La pochette de l’album en ai le meilleur exemple : le corps du chanteur y est immergé dans un océan, une très belle façon de dire que c’est en elle qu’il s’est plongé avec Wonder.

Monster (en featuring avec Justin Bieber)

En entendant parler de ce featuring, on s’imagine une collaboration faite dans l’unique but de ravir les fans des deux chanteurs. Et pourtant, Monster est un succès pour les deux canadiens. La chanson reste en tête, les paroles sont intimes et racontent le vécu similaire de Justin Bieber et Shawn Mendes qui ont connu la célébrité mondiale très jeunes : «I was 15 when the world put me on a pedestal/J’avais 15 ans lorsque le monde m’a mis sur un piédestal».  

Les deux stars canadiennes ont été comparées d’innombrables fois. Leurs styles musicaux se ressemblent et s’assemblent à la perfection dans Monster. Cette collaboration était attendue par les deux fanbases qui se réjouissent de voir les deux hommes travailler ensemble, enfin.

Ce morceau montre les capacités vocales de Bieber et de Mendes sans high notes, sans refrain à hurler. Monster est une chanson qui reste assez douce, une mélodie rassurante et des paroles qui portent un message : «Rearrange the pieces just to fit me with the rest/Tu réorganises les pièces juste pour que je sois comme tout le monde».

Can’t take my eyes off you (BBC live version)

Can’t take my eyes off you est à l’origine un titre chanté par Frankie Valli and the fourth seasons en 1967. Il a été repris plus de 20 fois, notamment par la célèbre interprète de I will survive, Gloria Gaynor, dans un style pop disco.

Aujourd’hui c’est Shawn Mendes qui relève le défi. Cette reprise était une occasion pour l’artiste de montrer sa voix au naturel puisque c’est une version live. Très douce et envoûtante, elle ne nous déçoit pas et nous surprend même à la fin quand le chanteur se tente à monter dans un aiguë parfaitement maîtrisé.

Le choix de la chanson est également pertinent, elle colle parfaitement au reste de l’album dédié à l’amour, ce sont des paroles qu’il aurait lui-même pu écrire pour celles à qui elles sont dédiées.

En Novembre 2020, le chanteur a dévoilé son documentaire sur Netflix, In Wonder. Suivi et filmé pendant sa dernière tournée mondiale, il dévoile les coulisses des plus de 100 dates au programme et des images plus privées de son quotidien. Ce film est considéré comme sans prise de risque et lisse par les critiques mais il s’ancre parfaitement dans l’image que veut donner Shawn Mendes.

Chronique par Chloé Couly et Lina Labiad.

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